6 nov. 2011

Le non travail de la terre

Dans l'agriculture traditionnelle (industrielle), après la récolte, la terre est laissée nue. La pluie et les intempéries lessivent le sol en entrainant les matières organiques vers le bas. Donc à la saison suivante, on retourne la terre. Ce qui l'abime en détruisant sa structure. On y ajoute des engrais, souvent chimiques, pour pallier au manque de substances. Les plantes se nourrissent de ces apports artificiels pour grandir et produire. Mais ces apports ne les protègent pas. Elles sont donc plus fragiles et sensibles aux attaques. On les protège avec des pesticides, souvent chimiques, qui détruisent les prédateurs mais aussi le reste de vie qu'il y a dans la terre. A la fin de la saison, les pieds, les feuilles, etc, sont retirés. La plante ne ressert pas à nourrir la terre par sa décomposition. On laisse la terre à nue. Puis la pluie, la même plante, les engrais, les insecticides… On entre dans un cycle infernal dont l'issue est la mort de la terre, nécessitant toujours plus d'engrais et de pesticides.

Il faut savoir que sous nos pieds la vie grouille. Et dans la nature vierge de la main humaine, la mort sert à la vie dans un cycle parfait mais fragile.

C'est dans ce cadre que le non travail de la terre prend tout son intérêt. La terre ne reste jamais nue. Après la récolte, un engrais vert vient la protéger du lessivage. Cet engrais est ensuite tué pour protéger (par paillage) et nourrir la terre (en restituant ce qu'il a pris dans l'air). Par la même occasion, la vie de la terre revient. C'est elle qui participe au travail de décomposition. La plante que l'on met ensuite se nourrit de la matière laissée par  l'engrais vert. Puis on la laisse se décomposée en place. La saison suivante, une plante différente est semée. C'est la rotation des cultures. Elle utilisera d'autres éléments du sol et en restituera d'autres. Elle sera attaquée par d'autres prédateurs, diminuant ainsi la prolifération d'une espèce d'insectes. Au fil des ans, la terre reprend vie, le cycle « naturel » se remet en place. Les engrais ne sont plus nécessaires grâce à la rotation des cultures et la restitution des déchets verts. Les pesticides ne sont plus indispensables car les plantes sont plus solides et les prédateurs ne s'installent pas du fait de la rotation des cultures.

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