28 oct. 2011

AMAP: devenir consom-acteur

Une AMAP c'est quoi? Association pour le Maintient de l'Agriculture Paysanne. Voila pour le sigle. Concrètement, c'est un partenariat entre un agriculteur et un groupe de consommateurs. La plupart sont des AMAP de légumes. Mais il en existe pour les fruits, les fromages, les viandes, les farines, les huiles, les oeufs... Tout ce qui touche à l'agriculture biologique peut se distribuer en AMAP.

Pourquoi participer à une AMAP? L'agriculture doit être respectueuse de l'environnent. Tant au niveau de la production, que de la distribution. Une AMAP est donc forcément un commerce de proximité. Manger local. Lorsqu'on adhère à une AMAP, le consommateur s'engage pour une période (1 an, 6 mois, ça dépend) à prendre le panier que l'agriculteur lui porte à chaque distribution. Ce panier peut être plus ou moins rempli selon la saison ou les aléas climatiques. Il faut l'accepter. L'agriculteur s'engage à fournir des produits sains, de saison et de bonne qualité. Manger bien. Et si un contrat écrit nous lie, le contrat moral est bien plus fort et les aléas rencontrés seront toujours compensés au cours de la saison. C'est à la signature du contrat qu'on paie nos paniers pour la saison entière. Bien entendu les chèques sont encaissés au fur et à mesure pour permettre à chacun de s'en sortir niveau trésorerie. Pour l'agriculteur, c'est une rentrée d'argent fixe qui lui assure un salaire décent. Le prix de panier est calculé pour permettre à l'agriculteur de vivre de sa production, ce que la grande distribution ne garantie pas. Manger honnête. L'AMAP englobe donc parfaitement les trois principes obligatoires du Bio (le vrai): respect de la terre, production locale, rémunération appropriée de l'agriculteur.

Qu'est ce qu'une AMAP offre de plus que les livreurs bio qui fleurissent un peu partout? Le producteur et les consommateurs se connaissent. Chaque saison, des visites sont organisées sur le lieu de production. On sait donc sans ambiguïté d'où viennent les produits qu'on mange. Il arrive que l'agriculteur ai besoin d'un coup de main, pour monter une serre par exemple. Les consommateurs que nous sommes peuvent participer. Ce qui est enrichissant, ne serait ce que pour voir comment fonctionne une exploitation. L'agriculteur apporte bien plus que des produits de consommation. Il peut par exemple nous donner des conseils ou des coup de main pour nos propres potagers. Ce que notre producteur actuel nous a proposé. C'est un soutient mutuel brisant la loi de l'individualisme ambiant. Enfin, l'AMAP offre souvent des produits nouveau, des variétés de légumes que nous ne connaissons pas et que la grande distribution ne proposent pas. La diversité de chaque type de  légumes est riche en gout, en forme, en couleur. Ne nous en privons plus.

Pour plus d'information et pour trouver l'AMAP la plus proche de chez vous: 

27 oct. 2011

Préparer le terrain

Vendredi 30 septembre 2011. Je réfléchis depuis plusieurs semaines à l'organisation de mon potager. Rotation des cultures, associations des légumes, engrais vert. J'ai ma petite liste, 4 parcelles et des idées pleins la tête. Mais je débute. Donc je vais commencé plus modeste que prévu. Je vais faire 2 parcelles en 2012 (celle des tomates et celle des carottes) et ajouter les 2 suivantes en 2013 (celle des choux et celle des haricots).

Le 30 septembre donc, je laboure l'espace de 2 parcelles. Ce qui représente environ 21 mètres carrés. La terre est très dure. Elle n'a pas vu d'eau depuis plusieurs semaines. Mes muscles vont sentir ce travail pendant quelques jours. Ensuite je mets en surface un mélange de fumier et de compost acheté en pépinière. Un léger griffage avec le râteau. Puis je sème de la moutarde. C'est un engrais vert qu'il faut mettre fin septembre pour préparer le terrain des semis du printemps prochain. Selon certains, il faut le couper puis l'enterrer pour alimenter la terre. Selon d'autres, il faut la coucher et la laisser sécher sous une bâche pendant l'hivers pour faire un paillis. Je prévois de faire un mélange de ces deux méthodes. Coupée et enterrée sur les sillons. Couchée pour le paillis autour. Enfin, on verra. Je débute, donc j'évolue et je change souvent de route au fil des conseils glanés de tout côté.

Aujourd'hui, la moutarde a bien poussé. Elle mesure environ 5 cm. Est ce que c'est la taille normale un mois après le semi? Je ne sais pas trop. En tout cas, voici à quoi ça ressemble:





En fait, je suis un peu perplexe. Est ce vraiment de la moutarde ou des mauvaises herbes qui ressortent? Je vais donc attendre encore un peu. Je déciderais plus tard comment l'utiliser pour mon futur potager.


parcelle un mois et demi après le semi de moutarde

23 oct. 2011

Figue arossi, figue arolà

Continuons dans la diversité des variétés de fruits et de légumes. Après les tomates, nous avons découvert aujourd'hui que la figue avait bien plus de trésors à offrir que les rares que nous proposent la grande distribution. Elles s'appellent "col de dame", "dorée" ou "néfiach". Elles sont rouge, verte ou jaune. Grosses ou petites, allongées ou rondes. Leur chair est rouge, rose, blanche. Elles sont plus ou moins sucrées. Au verger conservatoire régional de Gimont, dans le Gers, elles sont 140 à faire les belles sur environ 500 arbres. Nous en avons cueillit une belle cagette. Elles accompagnerons nos plats chaud ou froid ces jours ci ou dans quelques mois. La figue se congèle très bien. Au four avec un peu d'agneau, c'est un régal. Voila un tout petit aperçu de la diversité de ce fruit.

Le verger conservatoire régional de Gimont est géré par l'association Valoris qui oeuvre dans le cadre d'un développement durable. Respect de l'environnement, insertion professionnelle, production locale (particulier, école, restauration). La collection de figuiers est en pleine évolution puisque certains n'ont pas encore été identifiés. C'est un travail long car la forme de l'arbre, de la feuille, du fruit et sa couleur extérieure et intérieure, sa saveur sont des indices pour déterminer sa variété.





5 oct. 2011

Tomate contre Tomate

En 2007, je suis entré dans une AMAP. J’ai été séduit par la "production locale" de légumes "bio" permettant de "rémunérer à sa juste valeur et sans intermédiaire" un agriculteur. Il y avait donc une question environnementale et une question sociale à mon engagement. Mais j’étais loin de me douter que la question gustative allait me détourner radicalement de la grande distribution. Et là, c’est l’argument que même les égoïstes ne se souciant pas des conditions des agriculteurs ne peuvent pas ignorer.

Une tomate est une tomate. Faux ! Ou plutôt vrai si on appelle tomate ce qui doit l’être. Les boules rouges vendues sous l’étiquette tomate dans les supermarchés sont des simulacres. Grandies trop vite, à coup d’engrais, cueillies vertes (attention, il existe des tomates vertes, j’y reviendrais) et stockées au frigo (on ne met jamais une tomate au frigo), elles n’ont pas la saveur d’une tomate qui a pris le temps de pousser dans un champ. Avant l’amap, j’étais aveugle des papilles gustatives. Maintenant, je vois. On peut dire tout ce qu’on veut du bio local, mais le cas de la tomate est révélateur. Une vraie tomate est un régal, c’est un concerto saisonnier de Vivaldi qu’on écoute allongé dans l’herbe au printemps, c’est une brise légère qui nous caresse le visage un soir d’été, c’est le sourire qu’un bébé nous fait au réveil. Gouter une tomate naturelle pour la première fois, c’est comme le baiser originel de notre adolescence. La tomate industrielle est à l'alimentation ce que Lady Gaga est à la musique. Et je ne parle que du gout. Les amap ont cet autre avantage de nous faire découvrir des légumes qu’on a oublié car non présent sur les gondoles. Oui il existe des tomates vertes, jaunes, rouges, roses, noires. Elles sont rondes, ovales, pointues, en forme de poire, déformées. Elles ont toutes les tailles. Dans un supermarché, on va trouver 3, 4 ou 5 sortes de tomates. Et on trouvera les mêmes chez tous les revendeurs. Mais il en existe des centaines. Ce qui est vrai pour la tomate, l’est aussi pour la carotte, la pomme de terre, l’aubergine, la salade…
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Agriculture contre Nature

La société actuelle nous offre tout ce dont nous avons besoin et même tout ce que nous voulons. Pour ce qui est de l’alimentation, on a envie d’un légume en particulier, n’importe quelle grande surface nous le propose à tout moment de l’année. Un monde idéal !

Sauf que ce qui semble être une avancé humaine est en réalité une catastrophe planétaire. Pour que nous puissions manger des tomates même en hiver, les industries agroalimentaires utilisent des engrais chimiques pour faire grossir les fruits plus vite, des insecticides toxiques pour les protéger des ravageurs, de l’énergie pour les maintenir au chaud pendant la croissance puis au froid pendant le transport, du pétrole pour les envoyer du producteur au lointain consommateur que nous sommes. Et mis à part les engrais et pesticides chimiques, c’est la même réalité pour les produits bios de grandes surfaces. A cela s’ajoute une dégradation des conditions de travail des agriculteurs car les centrales d’achats veulent des prix toujours plus bas. Non pas pour notre pouvoir d’achat, comme elle nous le rabâche dans leurs publicités, mais bien pour augmenter leurs marges. Pour l’agriculteur français, c’est un salaire au ras des pâquerettes, souvent complété de subventions, nos impôts. Pour l’agriculteur des contrées lointaines, c’est en plus des conditions de travail dangereuses, sans protection contre les produits chimiques.

Depuis quelques temps, une nouvelle arme est utilisée par les multinationales. Les semences brevetées. Ces petites graines qui donnent la plante, laquelle donne le fruit. Pourquoi laisser faire la nature gratuitement quand on peut se faire du blé. Pourquoi permettre d’utiliser la graine de la tomate pour faire pousser un nouveau pied quand la science nous donne les outils pour rendre cette graine stérile. Ainsi l’agriculteur est obligé chaque année de repasser à la caisse du semencier. Pire si la graine est couverte par un brevet. L’agriculteur qui réutilise une graine breveté non stérile verra s’abattre sur lui la machine judiciaire. La graine, produite à l’origine par la nature, est devenue la propriété d’un grand groupe. Ca s’appelle breveter le vivant. C'est comme si un médecin déposait un brevet sur les bébés, en disant qu'il peut créer des bébés résistants, mangeant peut, etc... Alors pour un homme et une femme, l'acte de faire un bébé de façon naturelle deviendrait hors la loi. Un bébé né de l'amour de deux êtres entrainerait des  poursuites judiciaires pour ses parents. Parce que pour le médecin ayant déposé ce brevet, faire un enfant dans son dos est un préjudice moral et financier.

A cela on peut ajouter les OGM, dont on ne connaît pas les effets sur la santé, et on obtient un commerce d’armes de destruction massive de l’agriculture traditionnelle tout à fait légal aux yeux de la loi. La loi, c’est ce qui est sensé défendre les plus faibles. Ha bon d’accord ! Les semenciers tiennent les agriculteurs par les bourses et dictent leurs exigences aux marchés.
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Défis et des légumes

Pourquoi j'ai décidé de cultiver mes propres légumes? En voila une question qu'elle est bonne.

Tout d'abord l'industrie agroalimentaire ne fonctionne pas correctement. On est devant un triste combat dont l'affiche est peut réjouissante: Agriculture contre Nature (raison n°1). Ces multinationales ne se soucient ni de la terre, ni des agriculteurs, ni des consommateurs. Alors on peut fermer les yeux et continuer d’acheter des légumes hors saison et produits loin de chez nous. On peut très bien se dire que l’agriculteur, nous ne le connaissons pas et nous ne le rencontrerons jamais. Chacun son problème. On peut penser que la terre polluée par des produits toxiques est loin de la notre. Donc tout cela ne nous concerne pas. Pour ce qui est des émissions de gaz polluant lors des longs transports, là ça nous touche un peu. Mais c’est comme le nucléaire, invisible donc sans danger. On pourrait raisonner comme ça, égoïstement, sans que ça ne nous coupe l'appétit. Ou se dire que nous n’avons pas le choix.

 « Le rôle du consommateur est essentiel. Chaque jour, il vote, par ses choix de consommation, pour un modèle de société » (Christian Jacquiau, économiste).

De plus les produits qu'ils nous vendent sont de mauvaises qualités. Je parle du goût. Entre la grande distribution et l'amap, c'est le jour et la nuit. Tomate contre Tomate (raison n°2). C'est une chose de fermer les yeux sur la pollution et la condition des agriculteurs. Mais ignorer toute cette diversité de légumes et manger tout le temps les mêmes sans saveur. Non, je ne veux plus ça, et je ne veux pas que mon fils vive avec des œillères (raison n°3). Voila pourquoi je me lance dans le potager. Voila pourquoi je vise l’autonomie alimentaire, sans engrais et sans pesticide, en utilisant la rotation des cultures et les associations de légumes. Utopiste ? Certainement. Mais l’utopie est la philosophie des optimistes et j’ai envie d’être optimiste. J’en ai marre de baisser les bras pour un oui, pour un non. J’utilise mon droit de vote.

Je vais cultiver mes légumes. Est-ce que j’y arriverai ? On verra. C’est un sacré défi pour un type qui n’arrive pas à faire vivre une plante d’intérieur. Mais j’aime ce défi car il a un sens qui va bien au-delà du simple loisir du jardinier (raison n°4). Ce blog sera le témoin de mon avancé, de mon apprentissage, de ma réussite (notez l’optimisme). L’amap reste là pour combler les périodes de raté.